Marc Daniel

PES 1988 et DEA d’histoire du XXe siècle

Marc Daniel, secrétaire général de l'orchestre national Montpellier Occitanie, diplômé Sciences Po Paris 1988

Carte de visite :
Secrétaire général de l’opéra orchestre national Montpellier Occitanie depuis 2018 (205 salariés permanents, budget de 22 millions d’euros).
marc.daniel@oonm.fr
Centres d’intérêt : L’histoire et l’art, en particulier l’opéra, la musique vocale, les arts plastiques et le cinéma.
Livre de chevet : « Une vie de Rossini » de Stendhal.
Film de chevet : « Le guépard » de Luchino Visconti.
Citation fétiche : « Nobody’s perfect ! », qui conclut le film de Billy Wilder « Certains l’aiment chaud » et « Il n’est de richesse que d’hommes » de Jean Bodin.

Une vocation précoce pour l’art et « la chose publique »

Marc Daniel a grandi à la Ciotat, « superbe cité baignée par le soleil et la Méditerranée » et, à l’époque, ville ouvrière de 40 000 habitants. Depuis son jeune âge, Sciences Po l’attire, au grand étonnement de son entourage, éloigné de cet univers, « même si mes parents m’ont toujours soutenu de façon indéfectible lors de mes études, précise Marc. Quant à mes professeurs au lycée, ils ne juraient que par les écoles d’ingénieurs. » Dès l’âge de 6 ans, Marc se passionne pour les campagnes électorales et le résultat des élections. Une grand-mère adorant le débat politique joue volontiers son interlocutrice privilégiée. Un oncle excentrique l’encourage dans cette voie et accessoirement l’initie à l’art lyrique en lui faisant écouter de l’opéra et en lui offrant ses premières cassettes de Pavarotti, « un choc » émotionnel qui nourrit toute sa vie.

« Sciences Po m’a permis d’évoluer dans un bain intellectuel et culturel très riche, exceptionnel. Celui de l’école mais aussi de Paris. J’ai nourri ma soif d’apprendre. J’ai été initié au droit constitutionnel par Olivier Duhamel, à l’économie par Jean-Claude Casanova puis par le duo contrasté que formaient François Hollande et Pierre Moscovici : le premier était très drôle et très populaire chez les élèves. » Mais c’est surtout dans l’histoire contemporaine que s’immerge l’étudiant, qui réalise, sous la direction de Serge Berstein, un mémoire de DEA sur l’itinéraire politique d’Henri Barbé, fondateur de la SFIC (section français de l’internationale communiste) et cadre du PCF, devenu collaborationniste dans le sillage de Marcel Déat.

Après une parenthèse comme scientifique du contingent aux écoles d’officiers de Saint-Cyr-Coëtquidan, les concours administratifs lui ouvrent la voie d’une carrière itinérante d’administrateur territorial à Lille, Dunkerque, Besançon, Toulouse et finalement Montpellier à partir de 2011. La « territoriale » permet à Marc d’enchaîner les postes de direction et de direction générale de services culturels, de découvrir le monde de la culture dans ses aspects les plus divers et de se constituer sur une vingtaine d’années une solide expertise dans ce domaine ainsi qu’un profil reconnu de manager public. « Mes études m’ont donné une solide culture générale, une méthode d’appréhension des sujets et de réflexion qui me sont utiles, quel que soit le poste », conclut-il.

A la recherche d’un nouveau modèle économique et de nouveaux publics

L’opéra orchestre national de Montpellier Occitanie (OONMO) a connu durant plusieurs années une crise assez profonde à la fois sociale, managériale, artistique et financière. Valérie Chevalier, directrice générale arrivée en 2014, a lancé un nouveau projet artistique et culturel et a dû mettre en place un plan de redressement assorti de départs volontaires (2015-2018), sous contrainte budgétaire – moins de financements publics et un budget artistique en baisse. L’enjeu tient de la quadrature du cercle : maintenir la qualité de l’offre artistique tout en l’adaptant aux évolutions culturelles, technologiques et au goût du public, développer les recettes propres en conservant des tarifs abordables, fidéliser les mélomanes et attirer de nouvelles générations et catégories socioculturelles. Marc soutient complètement cette démarche alors qu’il est directeur puis directeur général adjoint en charge de la culture à la Métropole de Montpellier. « Nous avons traversé des phases douloureuses, mais la phase de redressement est désormais entamée » déclare-t-il aujourd’hui alors qu’il a rejoint la grande maison. « Nous avons la chance de travailler avec Michael Schønwandt, chef principal aimé à la fois des musiciens et du public. Quant à moi, auprès de Valérie Chevalier, j’accompagne le renouvellement de l’organisation et la sortie du plan de redressement en instaurant de nouvelles bases de management et de gestion des ressources humaines. Les métiers artistiques sont portés par des passionnés mais il faut les gérer de façon rationnelle. Le cadre doit être clair. De même, les processus de communication interne se doivent d’être fluides. La création du Conseil social et économique (CSE) devrait permettre à chacun, direction, représentants syndicaux et du personnel de trouver sa place, de dialoguer et de faire circuler l’information. » Marc a aussi apporté son expertise à la mise en place des marchés publics demandée par la chambre régionale des comptes. Enfin, le troisième chantier de Marc concerne l’amélioration des finances via la finalisation de la convention pluriannuelle avec l’État (enveloppe de 3 millions d’euros), la recherche de mécénat et la location d’espaces prestigieux auprès des entreprises.

Imagination et rigueur au service de l’art

La nouvelle stratégie de l’OONMO vise également à renouveler les publics et à instaurer avec eux de nouvelles relations. En novembre 2018, par exemple, le concert « Star Wars » offrant en live les musiques de John Williams aux fans invités à venir déguisés a joué à guichets fermés. Les cinés-concert avec projection de films de Charlie Chaplin, les actions auprès d’écoliers et de collégiens portent leurs fruits. « Les familles viennent, entraînées par leurs enfants. Nous créons des vocations. » Les tarifs avantageux en faveur des étudiants servent ce nécessaire renouvellement. La diversité de l’offre s’illustre ce même mois par le concert de la chanteuse kurde Aynur Doğan, attirant une audience nouvelle.

« Travailler dans une structure culturelle est la réalisation d’un rêve. Assister à des répétitions, rencontrer les artistes, être témoin de la mise en place d’une production, voir arriver les costumes, tout cela est assez magique » confie le rigoureux fonctionnaire. Le secret de la quadrature du cercle évoquée plus haut – faire aussi bien avec moins – réside peut-être dans une alchimie où le savoir-faire technique fait la part belle à l’imagination, la sensibilité et le contact humain.

Opéra orchestre Montpellier
https://www.opera-orchestre-montpellier.fr/

Programme de mécénat

Marc Daniel a guidé les Sciences-Po et le collectif Alumni grandes écoles dans les coulisses de sa « maison » : http://sciencespo-alumni-languedoc.fr/une-visite-unique-de-lopera/
Décembre 2018

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