Anne Lenart, en première ligne à la Maison de santé protestante de Nîmes

Anne Lenart est directrice générale de la Maison de santé protestante de Nîmes, dans le Gard, depuis juin 2019. Cette association reconnue d’utilité publique depuis 1872 prend soin de personnes âgées dont certaines handicapées, isolées et/ou précaires. Elle compte 3 Ehpad, une «résidence autonomie» de 128 appartements, un accueil de jour et deux «maisons en partage» – dispositif d’habitat social inclusif. Ses quelque 200 salariés accompagnent 450 personnes âgées. La pandémie de Covid-19 a bousculé les conditions de travail et de vie.

Missions
Formation
Impact de l’épidémie
Zones de confinement
Équipement
Solidarité
Alumni Sciences Po
A domicile ?

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Quelles sont tes missions en tant que directrice générale ?
Je définis et je mets en place la stratégie de développement de l’association, dans le respect des objectifs fixés par le conseil d’administration et en lien avec les besoins du territoire. Je pilote la conduite des établissements sur les plans humains, opérationnels, techniques et financiers. J’anime le comité de direction. Je veille à la satisfaction des bénéficiaires et de leurs proches. J’assure une veille permanente pour identifier les besoins et les attentes émergentes, proposer et mettre en œuvre les projets qui y répondent. Enfin, je représente l’association.

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En quoi ta formation initiale (DESS de finances d’entreprise et marché internationaux de capitaux de Sciences Po obtenu en 1989) t’est-elle utile dans ton métier ?
Elle a été complétée par un master 2 de politiques gérontologiques et gestion des Ehpad en formation continue, obtenu en 2012. Ma formation me permet de prendre de la hauteur et de construire une vision pour adapter notre offre d’accompagnement aux besoins individuels et sociétaux qui s’inscrivent dans les politiques publiques et territoriales ou qui les interrogent. Elle facilite le questionnement éthique qui nécessite de confronter les préoccupations individuelles des bénéficiaires et de leurs proches, celles de la société, les opportunités et les limites médicales, les aspects réglementaires, financiers, techniques. La crise du Covid-19 en est une illustration.
Mes missions nécessitent une bonne dose de dynamisme, d’esprit positif, d’empathie, de conduite d’équipes, de sens de l’organisation et de sens de la communication.

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Quel est l’impact de l’épidémie sur le quotidien?
L’épidémie a profondément modifié notre quotidien, celui des bénéficiaires et de leurs proches. Nous sommes épargnés aujourd’hui par la violence de la crise, mais nous sommes dans l’anticipation. Toutes les mesures que nous avons mises en place sont peu à peu imposées, recommandées et confirmées par les autorités. Nous sommes très attentifs aux drames qu’ont connus des Ehpad touchées par le Covid-19. Nous partageons la peine des familles et le deuil des professionnels de ces établissements.

Depuis le 11 mars, nos établissements sont fermés aux visiteurs : proches, bénévoles, pasteur, prêtre, personnels libéraux paramédicaux (kinésithérapeutes, orthophonistes, podologues etc.), autres personnels libéraux (coiffeur, esthéticienne etc.), associations spécialisées (gymnastique douce, art thérapie, musicothérapie etc.).

“La seule exception aux visites est celles de proches de personnes en fin de vie”

Par ailleurs, les résidents des Ehpad, des résidences autonomie et les locataires des maisons en partage qui avaient leurs habitudes à l’extérieur ne sortent plus. La perte du lien direct entre les bénéficiaires et leurs proches est douloureuse de part et d’autre. Nous essayons de maintenir le contact le mieux possible grâce aux animateurs, maîtresses de maisons et personnels paramédicaux salariés (psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes, kinésithérapeutes etc.). Ils facilitent les échanges en programmant avec les familles des rendez-vous téléphoniques ou visios. Mais, bien sûr, le temps manque, tout comme le matériel : tablettes, portables, ordinateurs.
La seule exception aux visites est celles de proches de personnes en fin de vie. Ils sont alors accueillis par une infirmière qui procède à un questionnement médical et à la prise de température. Ils se désinfectent les mains puis mettent les équipements de sécurité (masque, surblouse, sur-chaussures etc.). Ils sont accompagnés dans la chambre de leur parent sur un circuit qui permet de ne rencontrer aucun résident, ni salarié. Puis ils sont raccompagnés de la même façon.

Anne Lenard et des membres de son équipe.

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Certaines personnes sont-elles confinées au sein des établissements ?
Nous avons bouleversé nos organisations pour créer, à titre préventif, des zones de confinement en Ehpad. Il s’agit de limiter le plus possible la circulation entre les zones définies. Les résidents restent dans leur zone et sont accompagnés par des salariés affectés exclusivement à cette zone. A l’intérieur de ces zones, les résidents prennent leur repas en chambre. Les résidents peuvent se rendre aux activités qui ont lieu sur leur zone. Ils sont alors par petits groupes et gardent une distance de plus d’un mètre entre eux. Lorsque nous avons eu des suspicions (aujourd’hui levées) les résidents ont été totalement confinés en chambre. La plupart des zones ont un espace extérieur (terrasses, jardin), ce qui permet quelques sorties extérieures. Dans les autres cas, lorsque c’est nécessaire, les résidents sont masqués et accompagnés individuellement à l’extérieur de façon très encadrée.

Dans les résidences autonomie, les espaces communs ont été fermés (restaurants, salles d’activités). Des services sont proposés pour y suppléer, comme des portages de repas ou un service de commandes pour les courses. Il en est de même pour les espaces communs des maisons en partage qui ne sont plus accessibles aux proches. Les locataires qui y passent doivent être masqués. Les repas conviviaux sont suspendus. Ces bouleversements génèrent une perte de repère pour les résidents et pour les équipes, même si de nouveaux repères se créent peu à peu.
Pour les résidents et les locataires, la perte de repère est complexe, la routine est souvent une alliée, en particulier pour les personnes qui ont des troubles cognitifs, mais le temps nous aide. La première semaine a été complexe et a généré du cafouillage, mais le système se rode. Cela va de mieux en mieux. L’ambiance est différente mais sereine.

Pour les personnes handicapées, plus jeunes et plus actives, le confinement est une épreuve souvent pas ou mal comprise. Nous tentons de l’atténuer en organisant des sorties très encadrées mais régulières dans la cour. Les équipes ont aussi vécu de forts bouleversements, puisqu’en un temps record, nous avons modifié les affectations, les plannings, et les fonctionnements de plus de 220 personnes. Ces changements ont été co-construits dans le calme et la sérénité avec une dynamique d’équipe extraordinaire.

Nous avons également anticipé la création de zones Covid-19, séparées des autres zones et en capacité d’accueillir des résidents positifs en Ehpad. Dans ces zones, seront présents des personnels aides-soignants dédiés. Nous avons fait un appel à volontaires. Nous avons suffisamment de candidats dont nous saluons le dévouement et le professionnalisme.
En résidence autonomie et en maison en partage, nous avons anticipé la survenue d’un éventuel premier cas, en prévoyant le recours à l’hospitalisation à domicile, et la mise en œuvre de circuits spécifiques de circulation pour « isoler » un éventuel cas suspect.

Des membres de l’équipe de la Maison de santé protestante.

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Avez-vous tout l’équipement nécessaire ?
Nous avons 3 tests par établissement qui nous permettront de tester les cas suspects si besoin. Pour les salariés, après un démarrage difficile, les personnes «en suspicion» peuvent se faire tester. Nous attendons les tests de dépistage à grande échelle afin de pouvoir tester nos équipes, ce qui reste le seul moyen pour que le virus ne rentre pas.

Depuis le début de la crise, nous relançons sans relâche nos fournisseurs, mais également nos fédérations et les pouvoirs publics afin de disposer des EPI (équipements de protection individuelle). C’est une part importante de la gestion de la crise, du temps et du système D.

Aujourd’hui, nous disposons de masques chirurgicaux pour les personnes en forte proximité avec les résidents des Ehpad, mais en quantité limitée (2 masques par jour et par salarié de proximité). Nous n’avons pas reçu de masques FFP2. Nous recevons une dotation une fois par semaine que nous mettons sous clef.
La distribution de ces masques est très encadrée : ils sont distribués individuellement aux salariés après leur prise de température du matin et le questionnaire médical effectués par l’infirmière.

Nous n’avons reçu aucune dotation d’équipements de protection individuelle pour les résidences autonomie et les maisons en partage.

“Nous allons manquer de tissus, de fils ! Nous repartons en système D!”

Depuis début mars, nous avons lancé une fabrication de masques en tissu sur la base du patron de l’hôpital de Grenoble. Ils sont destinés aux personnels qui ne sont pas à proximité immédiate des résidents, et aux résidents, lors de soins rapprochés, afin d’obtenir une double protection.
Une solidarité incroyable s’est mise en place pour nous doter le plus vite possible et en quantité suffisante de ces masques. Les locataires d’une des maisons en partage se sont mis à la couture. Ils ont entre 60 et 90 ans ! Une communauté de sœurs nous prête main-forte et fabrique à grande échelle. Les salariés, leurs proches, leurs parents, les bénévoles s’y mettent aussi ! Nous aurons bientôt un stock suffisant, mais nous sommes aussi en difficulté d’approvisionnement sur les surblouses. Les couturiers n’auront pas de répit. Nous allons manquer de tissus, fils ! Nous repartons en système D!

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D’autres formes de solidarité se sont-elles mises en place ?
Oui, de différentes façons :
– Par une implication très forte de bénévoles nombreux et organisés qui proposent des conversations téléphoniques à nos résidents.
– Par une implication d’associations et de fondations à l’image de l’association I2ml (Institut méditerranéen des métiers de la longévité) et de la Fondation des Hôpitaux de France qui lancent des collectes pour mettre à disposition de nos résidents des tablettes.
Deux à trois fois par semaine, un mail contenant des informations et des photos de la vie au sein de l’Ehpad est transmis aux proches. Cette semaine, nous lançons une plateforme d’échanges destinée aux résidents et à leurs proches. Les résidents les plus affectées par la perte du lien direct sont identifiés par les équipes et pris en charges par la psychologue, l’animatrice et les personnels paramédicaux.

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En quoi les alumni de Sciences Po pourraient-ils être utiles ?

Les Sciences Po peuvent nous aider. Ce qui est à mon sens l’essentiel aujourd’hui est de relayer, créer du débat, soutenir les initiatives des secteurs “personnes âgées et handicapées”.
Nous avons besoin du regard des intellectuels, des communicants, des politiques, des médecins, des sociologues, des économistes etc. pour nous donner les moyens de développer les nouvelles modalités de prises en charge que nous lançons sous des modes expérimentaux, comprendre nos fonctionnements actuels avec leurs atouts et leurs limites sous un angle qui n’est pas celui de l’évènementiel, porter la loi grand âge car nous savons tous que le soufflé retombe lorsque les crises passent…

Prise de température.

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Est-il sage de laisser les personnes âgées dans des établissements spécialisés étant donné les risques de contagion ?
Il est difficile de répondre à la question en ces termes car les établissements accueillent aujourd’hui des personnes qui ne peuvent pas vivre ailleurs. Dans la grande majorité des cas, les proches ont fait tout ce qu’ils ont pu, allant parfois bien au-delà de leurs limites, mais l’accompagnement à domicile n’est plus possible et l’entrée en Ehpad devient la meilleure solution. Elle apporte des bénéfices. Souvent, au bout de quelques mois de vie dans les établissements, les personnes vont mieux et l’aidant retrouve sa place. Nous réfléchissons (comme d’autres) à des modes alternatifs. C’est ainsi que nous avons déposé un dossier d’accompagnement renforcé à domicile pour permettre aux personnes qui le souhaitent d’avoir une alternative à l’Ehpad. Il s’agit de proposer au domicile des personnes âgées les expertises existantes en Ehpad pour proposer, «chez soi», la même qualité d’accompagnement. Ces expertises concernent :
– La coordination médicale, paramédicale et administrative ;
– La mise en œuvre de programmes de préventions ;
– Le développement des offres de vie sociale ;
– L’amélioration de la couverture médicale ;
– L’adaptation de l’habitat.

“Le modèle Ehpad n’est pas celui qui est attendu par les Français, mais la France ne s’est pas emparée du sujet”

C’est une réponse à un appel à projet de l’ARS, nous attendons les résultats.
Aujourd’hui, le modèle Ehpad n’est pas celui qui est attendu par les Français, mais la France ne s’est pas emparée du sujet, remettant sans cesse à plus tard la loi grand âge, annoncée en 2018, plusieurs fois reportée, et tant attendue des professionnels. Le vieillissement n’est pas une priorité. Nous ne l’attendons pas pour agir, en proposant des dispositifs innovants en lien avec nos ARS et nos conseils départementaux.
La canicule avait fait bouger les lignes, le Covid-19 le fera aussi probablement, tristement, trop tard.

Propos recueillis le 6 avril 2020 par Françoise Bougenot

Le stock de masques sera bientôt suffisant, mais pas celui de surblouses.

Covid 19 : message de Pascal Perrineau

Chères et chers alumni,

Sciences Po Alumni et HEC Alumni lancent un appel à dons pour soutenir dans l’urgence l’action de Médecins Sans Frontières et Médecins du Monde dans la lutte contre le virus Covid-19.

L’épidémie de Covid-19 s’est déjà propagée dans plus de 170 pays dans le monde entier, dans des endroits où les systèmes de santé sont fragiles, et dans des régions comme l’Europe où les capacités nationales de riposte sont plus robustes, mais où l’épidémie est particulièrement virulente. En France, le système de santé est en situation critique et tous les jours la liste des personnes atteintes par la maladie s’allonge.

Partout, les équipements essentiels pour les soignants, pour les bénévoles et équipes d’urgence sont en pénurie : masques de protection, gants, kits de tests, oxygène, etc.

Les besoins sont colossaux et malheureusement, s’accélèrent.
Il est urgent de tous nous mobiliser au plus vite.

Aujourd’hui, nos communautés s’engagent :

– En collectant des dons
– En apportant une chaîne logistique de confiance, permettant de faire produire par des fournisseurs de qualité, le matériel médical dont ont besoin Médecins Sans Frontières et Médecins du Monde pour leurs actions prioritaires.

Vous pouvez contribuer à cette action de solidarité en donnant maintenant, pour permettre à Médecins Sans Frontières et Médecins du Monde de protéger les soignants contre l’épidémie et prendre en charge les populations vulnérables, en France et à l’international.

JE DONNE MAINTENANT

Merci pour votre mobilisation, qui est essentielle pour soutenir cette cause qui nous concerne tous.

Pascal Perrineau (promo 74)
Président de Sciences Po Alumni

Rencontres pros express et esprit napoléonien

Pari réussi pour la soirée “réseautage” organisée le 10 mars à l’initiative de Laurent Zanchetta (Audencia) dans les salons Parguel à Montpellier. Elle a réuni plus de quatre-vingts professionnels issus du collectif alumni grandes écoles Oc, dont Sciences Po, ainsi que d’autres diplômés. La conférence de Florian Mantione, créateur du célèbre cabinet de recrutement, sur “Le management selon Napoléon” fut fort stimulante à l’image de son original livre (Editions Athéna-Paris).

Florian Mantione, spécialiste du recrutement, expose les grandes lignes du "Management selon Napoléon", co-écrit avec l'historien Alain Pigeard
Florian Mantione, spécialiste du recrutement, expose les grandes lignes du “Management selon Napoléon”, co-écrit avec l’historien Alain Pigeard

Les participants ont apprécié de pouvoir étendre leur réseau et de rencontrer de nouvelles personnalités.

Extrait du livre, long entretien imaginaire avec Napoléon (page 161)

Question : Théâtralité et bons mots. Vous aimez les bons mots, vous aimez la langue française…
NB : Les bons mots, les calembours, les jeux d’esprit sont appréciés depuis Louis XV, Louis XVI, la Révolution. La France est un pays d’écriture, de lettres, avec des gens qui tiennent bien la plume. Cela a toujours existé et faisait partie, je dirais, de la séduction. Oui, c’est l’originalité du peuple français.”

Devant l’extension du domaine du globish dans les entreprises, Napoléon considérerait-il que le français est en plein Trafalgar ?


Françoise Bougenot

Atelier emploi avec l’APEC le…

Est reporté à une date ultérieure l’atelier-emploi organisé par le Collectif des alumni grandes écoles Oc regroupant Sciences Po Paris, HEC, l’ESSEC, l’EDHEC, ESCP-EUROPE, en partenariat avec l’APEC (originellement le 31 mars).
Nous serons accueillis par Michel Homola-Maureau, délégué territorial de l’APEC, et son équipe, au 170, rue Léon Blum – Immeuble La Vigie bât B à Montpellier.

Une brève présentation de l’APEC et des services à l’attention des cadres sera suivie par des échanges personnalisés avec des consultants sur des problématiques de recherche d’emploi, d’évolution, de réorientation, de formation.

La soirée se poursuivra autour d’un dîner (originellement à 20 h 30 à la Brasserie le 9, avenue du Pirée à Montpellier (prix par participant de 23 euros).

Nous suspendons l’inscription en attendant de pouvoir proposer une autre date.

“Soulages au miroir du Japon” à Pézenas le 29 février

Matthieu Séguéla (Sciences Po 2001, historien, coauteur de Soulages. D’une rive à l’autre*) et la calligraphe japonaise Yukako Matsui nous convient samedi 29 février à Pézenas à une performance artistique inédite : une Clio-Graphie – Clio pour la muse de l’histoire et graphie pour la calligraphie. Consacrée à la relation du peintre Pierre Soulages au Japon, elle consistera en la projection commentée de peintures et de photographies, souvent inédites. Des performances calligraphiques s’intercaleront entre ces séquences en images et en musique. Cette performance permettra de saisir comment un monde lointain, à l’esthétique à la fois si proche et si distincte, dialogue depuis 1951 avec les toiles et les gravures du maître du noir. Les jardins de pierre, l’encre des avant-gardes ou les reflets de laque seront mis en lumière par les mots et les images du peintre sous le pinceau de la calligraphe.

Date et horaire : Samedi 29 février 2020, 17 h
Lieu : Théâtre de Pézenas, 7 Rue Henri Reboul, 34120 Pézenas
Entrée libre sans inscription
Ceux qui le souhaitent pourront ensuite partager un apéritif avec le conférencier et la calligraphe dans un établissement proche, (voire passer une nuit à l’hôtel et profiter de Pézenas dimanche.)
Pour toute question ou complément d’info, contacter Matthieu Séguéla.

Interview de Matthieu Séguéla historien originaire de l’Occitanie, vivant au Japon

* Soulages. D’une rive à l’autre Matthieu Séguéla et Michaël de Saint-Chéron, Actes Sud, 2019.
Couverture de l'essai de Matthieu Séguéla (sciences po 2001) et Michaël de Saint-Chéron sur le peintre Pierre Soulages

Interview de Matthieu Séguéla historien originaire de l’Occitanie,vivant au Japon

L’affiche

Matthieu Séguéla, auteur de “Soulages. D’une rive à l’autre”

Quel est votre parcours ?
Mes attaches sont occitanes, liées au Gard et à l’Hérault. J’ai débuté ma formation d’historien comme archéologue à l’École antique de Nîmes puis j‘ai été chargé de cours à l’université Paul Valéry à Montpellier avant de soutenir un doctorat d’histoire à l’Institut d’études politiques de Paris (2001). Aujourd’hui, je suis fonctionnaire détaché au lycée français international de Tokyo et chercheur associé à l’institut français de recherches sur la Japon (MEAE-CNRS).

Matthieu Séguéla, historien et admirateur de l'oeuvre de Pierre Soulages
Matthieu Séguéla devant un polyptyque de Soulages de 1987, Lausanne © Mayu

Comment est né votre intérêt pour Pierre Soulages ?
C’est logiquement sous l’angle historique que je me suis d’abord intéressé au parcours de Pierre Soulages, lui qui a vécu les années 1939-1945. Notamment en tant que témoin extérieur de la rencontre entre Pétain et Franco à Montpellier en 1941. Un sujet que j’avais traité dans mon livre Pétain-Franco paru chez Albin Michel. Il l’avait lu et apprécié. Aussi, lors de notre première rencontre à Sète, avons-nous beaucoup parlé d’histoire puis nous en sommes venus à l’art. Et à l’histoire de l’art !

Quel est le point de vue de votre livre Soulages. D’une rive à l’autre ?
Dans le livre, que je co-signe avec Michaël de Saint-Chéron, je traite de la relation de Pierre Soulages au Japon et de la façon dont ce pays a accueilli son œuvre. Une relation qui s’étale sur soixante-dix ans et qui se poursuit toujours puisque qu’une nouvelle exposition Soulages va avoir lieu à Kobe fin 2020 ! Mener dans l’archipel et en France des recherches sur un artiste et pouvoir échanger avec lui au fur et à mesure de ses découvertes, a été une expérience extraordinaire qui se poursuit.

Quels sont les liens entre le peintre et le Japon ?
Ils sont multiples. Une œuvre de Soulages est exposée pour la première fois à Tokyo en 1951 et toutes celles qui suivront retiendront l’attention du public nippon. Des liens amicaux avec des artistes tels Imaï ou Domoto, une grande exposition rétrospective à Tokyo en 1984, des prix prestigieux, la création d’un vase pour le trophée de sumo… ponctuent la relation de Soulages au Japon. Surtout, les similitudes fortuites entre l’esthétique japonaise et son œuvre interpellent et ouvrent la voie à toutes les interprétations et à toutes les émotions.

En quoi consistent vos Cliographies ?
Depuis 2018, j’ai développé avec la calligraphe Yukako Matsui une collaboration artistique et intellectuelle mêlant l’esthétique de la calligraphie – shodô – à l’histoire – Clio – des relations entre l’Occident et l’Orient. A l’occasion d’événements culturels au Japon ou en Europe, nous présentons au public une manifestation d’un type dual et original, une Cliographie. J’évoque une personnalité en lien avec le Japon ou la France : Kikou Yamata, Alechinsky, le prince Naruhito, Klein ou Soulages. J’appuie mon propos sur une projection de nombreux documents, souvent inédits, à la façon d’une conférence. Là où l’originalité intervient, c’est que des performances calligraphiques s’intercalent entre ces séquences accompagnées en musique. A l’issue de la manifestation, un dialogue direct s’instaure avec le public qui peut venir admirer les œuvres qui viennent d’être crées sous ses yeux.
Nous avons déjà présenté une dizaine de Cliographies au Japon, en France et en Suisse. Notamment à Tokyo et à Yokohama ou dans de nombreuses institutions tels le musée Soulages à Rodez, le musée Toulouse-Lautrec à Albi, la maison-atelier Foujita à Villiers, le musée Guimet à Paris, le musée des Arts d’Extrême-Orient à Genève ou encore le château de Versailles.

Yukako Matsui, Tokyo 2020  © Mayu
Yukako Matsui, Tokyo 2020 © Mayu

Yukako Matsui est une calligraphe de grand talent qui développe une œuvre inspirée par la nature, l’art et la littérature. Novatrice dans les techniques et les supports, elle réalise des performances pour mieux faire connaître la calligraphie traditionnelle ou abstraite. Elle revient se produire en Occitanie pour la cinquième fois et ce sera dans le beau théâtre de Pézenas, ville d’art par excellence.

Propos recueillis par Françoise Bougenot
Février 2020

“Soulages au miroir du Japon” à Pézenas le 29 février

Théâtre de Pézenas
https://www.ville-pezenas.fr/theatre/lectures-285/

Une si belle soirée (à la Dolia) mardi 28 janvier

Véronique Carré et les alumni de l’EHDEC nous ont conviés (ainsi que les animateurs du collectif alumni grandes écoles Oc comprenant les Essec, HEC, ESCP) à déguster des vins à la Dolia, célèbre cave à vins de Castelnau-le-Lez.
Trois Sciences Po ont répondu présents.
Jean-Paul Charbaut, fan de la série télévisée de France 2 “Un si grand soleil”, était en extase auprès de deux invités surprise, Marie-Gaëlle Cals et Jérémy Banster, interprètes de la juge Cécile Alphand et du chef d’entreprise Julien Bastide. Jérémy Banster est également associé du domaine viticole du Château Prat de Cest à Bages dans l’Aude. Nous avons découvert son Corbières issu de syrah, grenache et carignan et ses “tanins civilisés”.

Jean-Paul Charbaut, Jérémy Banster, Marie-Gaëlle Cals, Marco

Bernard Lacour, dégustateur chevronné de vins, sortait tout juste de Millésime Bio, “mondial du vin biologique” où il avait déjà goûté 22 vins. Rigoureux jusqu’au bout des 7 breuvages servis par Marco le caviste, Bernard a replongé ses yeux, son nez et ses papilles dans les différentes textures et saveurs, enchantant son entourage par ses commentaires nets, précis et sans complaisance.
Françoise Bougenot, allergique aux sulfites, avait bravement ingurgité un antihistaminique avant le marathon de dégustation. Elle s’est émerveillée de la poésie déclamée par Marco pour décrire les vins, les terroirs et les vignerons. Elle a aussi fait la connaissance d’un vigneron passionné et amoureux de la nature*, Frédéric Mallier, créateur avec sa femme du “Château de la Vieille Chapelle” dans le Bordelais. Lieu chargé d’énergie, où, d’après une médium canadienne, les anges circulent en nombre entre la chapelle et le chai. D’ailleurs, c’est le vin qu’elle a préféré, sans trop savoir dire pourquoi.


https://www.facebook.com/caveladolia
https://www.chateau-prat-de-cest.fr/
https://www.chateau-de-la-vieille-chapelle.com/

* Ses plants ne sont pas des clones mais des individus à part entière et il travaille en biodynamie.

Rencontres pros express et conférence de Florian Mantione le 10 mars

A l’initiative de Laurent Zanchetta (Audencia), la section locale de Sciences Po participe le mardi 10 mars à une rencontre professionnelle réunissant le Collectif des Alumni grandes écoles et diverses écoles de commerce*.

Florian Mantione, créateur du cabinet de recrutement éponyme, ouvrira brièvement la soirée à 19h00 sur la thématique de «l’innovation managériale appliquée aux ressources humaines».

A 19h30, les participants seront invités à se présenter lors des rencontres pros express (speed meeting).

L’objectif : permettre à chacun d’élargir son réseau professionnel en rencontrant des diplômés de l’écosystème régional.

Attention, le nombre de places est limité. Tarif/personne : 20€
S’inscrire

Lieu : Traiteur Parguel, 6 Bd Vieussens, 34000 Montpellier.
Date : Mardi 10 mars 2020.
Déroulé de la soirée :
18h30 – 19h00 : Accueil des participants
19h00 – 19h30 (20 mn intervention de Florian Mantione + 10 mn questions/réponses)
19h30 – 20h30 : Rencontres pros express
20h30 : Cocktail apéritif

S’inscrire

* Ecoles présentes : Audencia, EDHEC, EM Lyon, ESSEC, Grenoble Ecole de Management, HEC, INSEAD, KEDGE, Montpellier Business School, NEOMA Business School, Rouen Business School, Sciences Po Paris, SKEMA Business School, Toulouse Business School

Florian Mantione est diplômé de TBS, de l’IEP de Toulouse et licencié en Sciences-Eco de Paris I. Créateur en 1976 du Florian Mantione Institut, réseau international de conseils en ressources humaines, il a rédigé 27 livres sur le management, le recrutement et les RH.

Patrick Chamoiseau, nouvel écrivain en résidence de Sciences Po

Lauréat du prix Goncourt en 1992, Patrick Chamoiseau est le nouveau titulaire de la chaire d’écrivain en résidence de Sciences Po, créée en 2018 pour renforcer l’expression créative des étudiants et leur permettre de développer une réflexion critique et originale. Elle est rattachée au Centre d’écriture et de rhétorique de Sciences Po. Entre romans, contes, essais, poèmes et scénarios, l’auteur martiniquais se livre sur son parcours et ses thèmes d’écriture, transformant la littérature en “un mode de connaissance poétique du monde”. Voir l’interview sur le site de Sciences Po Paris.

Ségolène Royal et l’évêque de l’Aude, Alain Planet : perspectives croisées, samedi 18 janvier

Les alumni de Sciences Po sont conviés par l’intermédiaire des HEC à assister à une conférence de Ségolène Royal et de l’évêque de l’Aude (Occitanie) sur le thème des « vecteurs de changement » dans la société.

La femme politique, actuelle ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles et peut-être future candidate à l’élection présidentielle de 2022, échangera avec le religieux intellectuel, évêque de Narbonne et de Carcassonne.

L’horaire: samedi 18 janvier 2020 à 14 h 45
Le lieu: Narbonne, salle des archevêques, entre la cathédrale et la mairie (accès via la mairie)
L’inscription est gratuite. Veuillez simplement informer Thierry Molinier

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Cet échange entre deux personnalités issues des mondes politiques et religieux s’inscrit dans la programmation annuelle des conférences franciscaines de Narbonne.

Trois conseils littéraires pour Noël

“Les Presses de Sciences Po ont sélectionné trois ouvrages à offrir pour approfondir sa connaissance des grands enjeux contemporains. L’occasion de mettre à profit les vacances de fin d’année pour, selon les intérêts de chacun, mieux comprendre la crise écologique, réfléchir aux pistes d’une démocratie plus directe ou questionner notre culture numérique…”
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La “prospérité inclusive”, rêve ou réalité ?

“Quel modèle de croissance devons-nous adopter à l’avenir ? L’économie doit-elle, et peut-elle se transformer ? C’est autour de ces questions que s’est tenue la conférence New Prosperities, le 3 décembre à Sciences Po Paris. L’évènement, organisé par l’École de management et d’innovation et le think thank Mars Catalyst, a rassemblé chercheurs, entrepreneurs et décideurs politiques dans un même but : penser le modèle économique de demain, pour une croissance inclusive et durable…”

Voir la conférence sur le site de Sciences Po Paris…

Chronique d’une démocratie fragmentée

Pour conclure une année marquée par les soubresauts politiques, Pascal Perrineau revient dans son nouvel ouvrage, “Le grand écart. Chronique d’une démocratie fragmentée”, sur les trois registres démocratiques qui ont façonné 2019 : la démocratie directe des gilets jaunes, celle, participative, du grand débat national et celle, représentative, issue des urnes lors des élections européennes. Une démocratie en trois scènes, qui semble plus fragmentée et conflictuelle qu’auparavant.”

Continuer la lecture sur le site de Sciences Po Paris.

Interview réalisée durant le “grand débat national” le 28 février 2019.